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REPORTAGE : Ce que portent les Mellali (es).


REPORTAGE : Ce que portent les Mellali (es).

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La région Tadla Azilal ne conserve pas uniquement les traditions festives et culinaires, même sur le plan vestimentaire, traditions et modernisme cohabitent.

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« La dignité humaine, affirme Jaques Ferron, dans Le Don Juan Chrétien, est une question vestimentaire parce que précisément, la conscience est un costume, une mise en scène, un théâtre. ».Le problème vestimentaire est étroitement lié à la vie humaine depuis sa création. Et chaque époque a donné naissance à son propre art vestimentaire qui reflète sa mode et son mode de vie .A Beni Mellal, par exemple, l’art vestimentaire a ses propres spécificités. Si on dit que l’habit ne fait pas le moine, à Beni Mellal, l’art vestimentaire est l’apanage d’une ville qui se modernise tout en respectant ses traditions. Dans cette contrée édénique, on peut parler du modernisme des traditions vestimentaires. Au fil des temps, cet art vestimentaire a connu des métamorphoses qui ne sont nullement le fruit du hasard .Lorsqu’on parle d’un tel art, il faut d’abord faire une distinction entre les vêtements féminins et masculins, la qualité des tissus et leurs prix à travers les années…

Najid est un tailleur « Beldi » orfèvre en la matière. Il a hérité ce métier de son père qui était tailleur lui-même pendant les années cinquante. Najid dit : « D’abord, il y a un proverbe qui dit : « dis-moi ce que tu portes, je te dirais qui tu es ». Avant, pour ce qui est des hommes, il y avait « Al Fouquia » qui était simple, « Al Farajia » munie de quelques boutons, la chemise avec des manches, le pantalon « Kandrissi », c’était un pantalon large, le pantalon « Dacca » qui était muni d’un fil (ceinture), le pantalon « Lgolfe » qu’on serrait à la hauteur des chevilles, et le pantalon « centoura » qui était très large » . On remarque donc que les pantalons « Béldis » étaient larges en générale. Vers la fin des années soixante dix, Le pantalon coûtait entre 50 et 60 dhs, la blouse entre 100 et 120 dhs, al Fouquia entre 80 et 90 dhs et Al Farajia entre 140 et 150 dhs et les prix varient selon la qualité des tissus. Les djellabas des hommes étaient étriquées au début des années quatre-vingt. Une djellaba coûtait entre 130 et 150 dhs et les tissus qui existaient étaient « Taj, Ménédra, Mlifa ». De nos jours, les djellaba ont connu des changements .On distingue « Mlifa » mince, vraie ….

La djellaba Mlifa vraie peut aller jusqu’à 1400 dhs. Notons que les vêtements peuvent être travaillés soit à la main « Beldi », soit à la machine (La couture beldie est plus chère que la couture faite à la machine).Pour ce qui est de la couture d’une djellaba, le prix varie, en général, entre 225 et 250 dhs. Si Mohamed est un tailleur moderne depuis 1967. Selon des informations qu’il a données à ALM, les meilleurs vêtements étaient le pantalon, la veste et le gilet (3 pièces).Si Mohamed affirme : « Ce genre de costume dont le prix atteignait 6000 dhs, s’appelait « Smoking ». Au fil des temps, le gilet se raréfiait et « La parma » du pantalon était large « Pattes d’éléphant ». Après, la veste a connu quelques changements : une seule ouverture puis deux, puis 3 boutons, 1 bouton puis deux » .Les tissus qui existaient avant, selon toujours si Mohamed étaient « Dormeil, Lpinglé, Prince de Gale, Mohair, Flalaine ».Mais à partir de l’an 2000, la veste a 3 boutons et les tissus qui abondent sont « Poly stère et Fila fil ». De nos jours, et à Beni Mellal, un costume (Veste et pantalon) peut coûter entre 700 et 1000 dhs .L’art vestimentaire des hommes a donc connu des changements. Actuellement. Les hommes portent des manteaux, des chemises avec et sans manches, des tricots colle V, des pantalons dont les « parmas » ne sont plus larges…
Pour ce qui est de l’art vestimentaire féminin, et pendant les années soixante-dix, les femmes portaient « Tahtia qui coûtait 50 dhs , Pyjama (50 dhs) , Pantalon « golfe » (25 dhs) , Takchita, qui se composait de deux tissus différents, ( 600 dhs), Chouka ( 80 à 90 dhs ) ».

Les différents tissus des hommes étaient « Hayat Sandouk, Gym ; Kamanja », ceux des femmes « Tlija, Hayati, Katona ». Les ceintures des femmes étaient décorées par « Mouzoune » (ce sont de petits morceaux de métaux qui brillent et qu’on trouve encore de nos jours chez les femmes berbères du Moyen Atlas). Les djellabas des femmes étaient décorées et multicolores, c’était la mode ! Mais de nos jours, les tissus simples sont les plus convoités et le traditionnel (Béldi) prend le dessus. Aicha qui a vécu la belle époque vestimentaire nous livre son opinion : « Avant, il n y avait pas beaucoup de tissus, mais nos vêtements étaient d’une beauté exceptionnelle car ils étaient très simples. Notre mode était la simplicité. Révolu le temps du vrai art vestimentaire ! ». La djellaba féminine coûte entre 500 et 700 dhs, la confection seule est entre 200 et 400 dhs. Coudre une djellaba à la machine (de 300 à 600 dhs) est moins cher que la couture à la main qui varie entre 700 et 1000 dhs. Pour la « Takchita » qui renvoie au Béldi le plus convoité, elle existait avant, mais elle était très simple. Takchita Mellalia a connu des changements surtout sur le plan de la couture et de la confection. Autrefois, « Laamara » était mince, maintenant elle est devenue très large (c’est la plus chère).

Les tissus de la Takchita sont : « Sari, Chabka Matrouza, Hrire Douda, Mousseline, Mobra ». Aujourd’hui, d’autres modes et d’autres tissus ont vu le jour. La femme Mellalia qui vit dans l’apogée du modernisme vestimentaire, conserve encore les caractéristiques de son art vestimentaire traditionnel. Le caftan Mellali avec ses couleurs chatoyantes et ses matières précieuses reflète la beauté vestimentaire d’une région qui conserve encore ses traditions. Des touches de modernité s’y font sur fond typiquement artisanal. Les modélistes, les créateurs et stylistes cherchent toujours à donner un souffle à ce joyau qui fait la joie des femmes Mellalies. Pendant les fêtes par exemple, nombreuses sont celles qui portent des Takchitas confectionnées à la main (Vêtements Béldis).Les jeunes filles peuvent porter des chemises, des pantalons, des jupes, des pantalons courts, des manteaux, des robes soirées, des takchitas, des blouses, des djellabas… Les prix des tissus vont de 20dhs à 250 dhs le mètre et il y a d’autres tissus de très bonne qualité qui coûtent très cher.
L’art vestimentaire conserve toujours ses titres de noblesses à Beni Mellal.

FRIX SAID
Beni mellal

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