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Le calvaire des filles de ménage


Le calvaire des filles de ménage

[U]Opprimées et maltraitées, ces jeunes filles pauvres quittent leur milieu familial pour travailler comme « filles de ménage ». 80% d’entre elles sont analphabètes et 20% accomplissent plus de trois tâches.
[/U]D’après une enquête élaborée sur un échantillon de 529 filles domestiques, près de 34% travaillent dans des villas, 35% dans des appartements et 31% dans d’autres habitats. De surcroît, Près de 60% d’entre elles n’ont même pas 15 ans, d’après un sondage supervisé par le Haut Commissariat au plan. Par euphémisme, on les appelle des « filles de ménage », « des Bonnes »…Ce sont soit des femmes, soit de jeunes filles qui travaillent dans des maisons pour subvenir à leurs besoins. Nombreuses sont les raisons qui acculent ces petites filles au travail domestique, loin de chez elles. « Je suis une fille pauvre et j’ai quatre bouches à nourrir, mon père nous a quittés il y a deux ans. Je travaille chez cette famille qui me paye 600 Dirhams par mois. Je fais tous les travaux domestiques : le ménage, la vaisselle, la cuisine et je m’occupe de leur enfant. Ce sont des gens qui me respectent.» déclaré Souad, âgée de 15 ans.

La pauvreté et les problèmes familiaux sont les deux causes principales qui poussent ces filles à travailler comme Bonnes. 86% de ces filles sont issues de milieu rural démuni, 70% ont le père décédé et 96% d’entre elles sont poussées à travailler à cause de la faiblesse des ressources des parents. Parfois, il peut s’agir de filles qui désertent le foyer familial pour plusieurs raisons (autorité parentale, délinquance juvénile…), ou de parents qui veulent que leurs filles travaillent pour qu’elles leur rapportent un peu d’argent. En général, ces Bonnes travaillent en ville chez des familles riches et c’est le père qui empoche l’argent de ce ménage. Si certaines familles qui les accueillent chez elles les traitent comme leurs enfants, il est d’autres foyers qui les considèrent comme des esclaves.




Zahra est une fille âgée de 20 ans. Elle travaille comme Bonne chez une famille qui a 4 enfants. « Je suis au dernier degré de la consomption. Le mari et sa femme me traitent comme un être humain indigne de respect. Je ne peux même pas me reposer une seule minute, je ne dors pas, la nuit avant 1 heure du matin et je dois me lever à 5h 30 ou à 6h. Je fais tout et on me traite telle « une chienne ». S’il arrive, par hasard, qu’un verre ou une assiette se casse, on me sanctionne sévèrement, et on peut me laisser sans manger pendant des heures. Ma famille habite loin et mes parents sont pauvres. Quand mon père arrive pour empocher ma paie, on ne lui raconte rien de ce qui s’est passé et on lui dit que tout va bien. Mais dès que mon père s’en va, je replonge dans l’abîme de l’enfer. »

. On remarque que dans certaines familles qui accueillent ces Bonnes, on assiste à des scènes dramatiques voire même tragiques parfois. Zahra raconte qu’une Bonne a été grièvement blessée par la femme chez qui elle travaille pour la simple raison qu’elle a oublié de donner à manger à un enfant. Elle a ajouté qu’elle connaît une autre fille qui a été rossée par le mari chez qui elle travaille parce qu’elle n’a pas accepté de répondre positivement à ses désirs « sexuels » au moment de l’absence de sa femme .On constate donc que ces pauvres « Bonnes » représentent, pour certaines familles qui les accueillent, l’enfant désobéissant et marginalisé qui doit être frappé d’ostracisme et puni. Souvent, on les maltraite alors qu’on a grand besoin d’elles, on les cherche parce qu’on ne peut pas nous passer d’elles mais on les prend pour des êtres humiliés. A Beni Mellal, il est encore des petites filles qui travaillent dans des maisons mais leur nombre tend à diminuer pour diverses raisons. Force est de constater qu’un grand nombre de familles, habitant en ville, n’acceptent plus d’accueillir ces filles de ménage chez elles parce qu’elles n’ont plus confiance en elles. Warda est mère de famille. Elle raconte qu’elle a été, un jour, volée par une Bonne qu’elle avait l’habitude de laisser seule à la maison « Je n’ai plus confiance en aucune fille étrangère, affirme Warda, j’avais l’intention de sauver une fille qui était pauvre. Mais un jour, après mon retour du travail, j’ai trouvé les portes ouvertes et tous mes bijoux ont disparu. J’ai cherché partout mais en vain. J’ai fait une déclaration à la police, et la fille a été arrêtée quelques jours après. ».La majorité des familles qui sont professionnellement actives, laissent leurs maisons vides ou confient leurs enfants à des garderies ou à des écoles privées. De surcroît, quand une Bonne disparaît de chez la famille qui l’accueille, les parents de la fille recourent à la justice ou accusent les gens chez qui leur fille travaille d’être la cause directe de la disparition de leur fille. Le problème empire quand il s’agit de filles mineures qui sont exploitées et harcelées sexuellement.

Si certaines filles de ménage travaillent dans le respect pour nourrir leur famille, d’autres « Bonnes » recourent à ce genre de travail domestique pour voler et induire les gens en erreur. « Je ne pourrai jamais faire confiance à une Bonne, ajoute Ali, père d’une famille. Elle ne cherche que son profit et ne se soucie nullement des enfants des autres. Il est des Bonnes dangereuses qui sont arrivées à émietter des familles à cause de leur médisance .Je ne nie pas qu’il existe des femmes de ménage respectables, mais elles sont très rares. ».De nos jours, on hésite souvent de faire appel à une Bonne. Pour la majorité des familles qui travaillent hors du foyer, les garderies d’enfants l’emportent sur le travail et la responsabilité d’une Bonne qui peut devenir une source de problèmes épineux entre le mari et sa femme.

FRIX SAID
Beni Mellal

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